Dans un cabinet d'expertise comptable, toutes les missions ne se valent pas. Certaines dégagent une marge confortable, d'autres consomment plus de temps qu'elles ne rapportent. Pour le savoir, un seul indicateur fait référence : le boni/mali. C'est lui qui révèle la rentabilité réelle d'une mission, dossier par dossier et collaborateur par collaborateur. Encore faut-il savoir le calculer et le piloter. Ce guide vous donne la formule, un exemple chiffré et la méthode.
Boni/mali : définition
Le boni/mali est l'écart entre ce qu'une mission rapporte et ce qu'elle coûte réellement à produire. Le vocabulaire vient du suivi budgétaire :
- Boni : la mission est rentable. Le montant facturé dépasse le coût des temps passés.
- Mali : la mission est déficitaire. Le coût de production dépasse ce qui a été facturé.
Autrement dit, le boni/mali est la marge brute de production d'une mission. Il ne s'agit pas du chiffre d'affaires, mais bien de la rentabilité une fois déduit le coût des heures réellement consommées par les collaborateurs.
La formule du boni/mali
Le calcul repose sur une logique simple :
Boni/Mali = Montant facturé (ou budgété) − Coût réel des temps passés
Le second terme, le coût réel, se décompose ainsi :
Coût réel = Σ (heures réalisées par collaborateur × taux horaire de ce collaborateur)
Deux notions sont donc indispensables :
- Le montant de la mission : le forfait facturé au client, ou le budget prévu pour les missions au temps passé.
- Le taux horaire collaborateur : le coût horaire de production d'un collaborateur (salaire chargé, parfois augmenté des frais de structure). Un collaborateur junior et un chef de mission n'ont pas le même taux : valoriser les temps au bon taux est essentiel pour ne pas fausser la marge.
On distingue souvent deux lectures complémentaires : le boni/mali prévisionnel (budget vs temps prévu) et le boni/mali réalisé (montant facturé vs temps réellement saisis). C'est l'écart entre les deux qui pilote la décision.
Un exemple chiffré concret
Prenons une mission de tenue comptable annuelle facturée au forfait 2 400 € HT. Au moment du devis, le cabinet a budgété le temps suivant :
| Intervenant | Taux horaire | Temps prévu | Coût prévu |
|---|---|---|---|
| Assistant comptable | 35 €/h | 30 h | 1 050 € |
| Chef de mission | 60 €/h | 10 h | 600 € |
| Total prévu | 40 h | 1 650 € |
Sur le papier, la mission affiche un boni prévisionnel de 750 € (2 400 € − 1 650 €), soit une marge de 31 %. Confortable.
En fin d'exercice, le suivi des temps réels raconte une autre histoire :
| Intervenant | Taux horaire | Temps réalisé | Coût réel |
|---|---|---|---|
| Assistant comptable | 35 €/h | 42 h | 1 470 € |
| Chef de mission | 60 €/h | 16 h | 960 € |
| Total réalisé | 58 h | 2 430 € |
Le coût réel de production atteint 2 430 €, soit plus que le forfait facturé. Le boni/mali réalisé tombe à −30 € : la mission est passée en mali. Le dérapage de 18 heures (dossier mal organisé, allers-retours avec le client, justificatifs manquants) a effacé toute la marge.
Sans ce calcul, le cabinet aurait continué à croire que la mission rapportait 750 € par an. C'est précisément ce que révèle l'analyse du boni/mali : l'écart entre le ressenti et la réalité économique.
Pourquoi le suivi des temps est la clé
Le boni/mali ne vaut que par la fiabilité de ses données. Le montant facturé est connu ; le maillon faible, c'est toujours le coût réel. Or ce coût dépend entièrement du suivi des temps en cabinet comptable.
- Pas de saisie des temps, pas de boni/mali. Si les heures ne sont pas enregistrées par collaborateur et par mission, le coût de production reste une estimation au doigt mouillé.
- La granularité compte. Affecter chaque heure à la bonne mission et au bon collaborateur permet de valoriser au bon taux horaire et d'isoler les dossiers en difficulté.
- La régularité aussi. Une saisie quotidienne ou hebdomadaire est bien plus fiable qu'une reconstitution de mémoire en fin de mois.
C'est souvent là que tout se joue : un suivi des temps rigoureux transforme le boni/mali d'une curiosité comptable en véritable outil de pilotage.
Comment piloter la rentabilité de vos missions
Calculer le boni/mali n'est qu'une première étape. L'enjeu est d'agir. Voici les principaux leviers :
- Identifier les missions en mali. Triez votre portefeuille par marge : les dossiers déficitaires récurrents sont vos premières priorités.
- Réajuster les prix. Une mission systématiquement en mali signale un forfait sous-évalué. Le boni/mali réalisé donne l'argument chiffré pour renégocier le tarif au prochain renouvellement.
- Agir sur le temps passé. Réorganiser le dossier, automatiser la collecte des pièces, ou réaffecter une tâche d'un chef de mission vers un profil au taux horaire plus faible.
- Affiner les budgets. Les écarts prévu/réalisé d'une année nourrissent des devis plus justes l'année suivante.
- Suivre la rentabilité par collaborateur. Le même indicateur, lu par personne, éclaire la charge de travail et la performance de chacun.
Automatiser le calcul du boni/mali en temps réel avec eexpi
Faire ce calcul à la main, sur tableur, pour des centaines de missions, est vite ingérable et toujours en retard. C'est précisément le rôle d'eexpi, le logiciel de gestion interne tout-en-un pour les cabinets d'expertise comptable.
eexpi croise en permanence le plan de facturation de chaque mission et le suivi des temps de vos collaborateurs, valorisés à leur taux horaire. Résultat : le boni/mali de chaque mission et de chaque collaborateur est calculé en temps réel, sans ressaisie. Vous voyez immédiatement quelles missions dérapent, lesquelles sont à renégocier, et vous prenez vos décisions de prix sur des chiffres, pas sur des intuitions.
Vous voulez piloter la rentabilité de vos missions sans y passer vos soirées ? Découvrez le logiciel de gestion interne pour cabinet comptable eexpi, ou demander une démo pour voir l'analyse boni/mali appliquée à vos propres dossiers.
Envie d'en savoir plus ?
Découvrez comment eexpi peut transformer la gestion de votre cabinet
Nous contacter